Ex libris - Un peu d’histoire de l’art

Au 20ième siècle le nombre des ex-libris de grand format ne cesse de croître. La raison prinipale en fut que la plupart des œuvres étaient directement déstinée aux collectioneurs. Les œuvre se détachèrent de plus en plus des livres pour devenir progressivement objet d’échange et finissaient par attérir dans un bel album dépouillées de leur fonction originale. Le style régnant à la Belle Époque, l’art nouveau, marqua l’ex-libris de son empreinte à un tel point qu’il dépassa de loin sa fonction initiale.

Puisque la réalisation des œuvres devint plus recherchée, elle nécessita un travail et donc une habilité professionelle plus poussée, des techniques de plus en plus modernes. Les artistes acquirent une plus grande renommée et les œuvres furent reconnues en tant qu’œuvres artistiques autonomes désormais appréciées individuellement. Leur collection s’engagea également et leur fonction de cachet du propriétaire passa au second rang.

Le nom figurant sur l’œuvre passe désormais pour être une estampe à valeur artistique. L’ex-libris est une branche artistique typiquement moderne et fortement liée au monde intellectuel, de là son caractère typiquement urbain. Ce fut à Budapest que l’on organisa la première exposition d’ex-libris en Hongrie. La première exposition en province fut organisée à Debrecen en 1928, ville qui, grâce à ses collectionneurs et artistes tels József Nagy, Toroczkai, Dienes et Haranghy, ainsi qu’à la corporation Ajtósi Dürer fut le centre de l’ex-libris jusqu’à ce que la Seconde Guerre Mondiale éclate. En Hongrie également se développait l’ex-libris moderne.

Rejtő Antal book ex-libris Ce ne fut cependant que vers les années 20, voire même les années 30 qu’il atteignit réellement le niveau mondial. Déjà à cette époque commencent à s’organiser les foyers de l’art qui depuis lors peuvent toujours être considérés comme les centres de l’ex-libris hongrois. Tel en fut le cas pour Budapest qui jouait incontestablement le rôle principal, ainsi que Szeged, Debrecen ainsi que certaines villes de Transylvanie et du Partium tels Brassó et Nagyvárad. Ces dernières continuèrent à jouer un rôle important dans la vie culturelle hongroise par l’intermédiaire de ces collectionneurs et artistes malgré et après le Traité de Trianon.

Péter Tulok

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